superman

était-ce la mâchoire trop carrée, le bleu surhumain des yeux ou la mèche noire qui, dans l'effort, rebiquait parfois sur le front? la toute-puissance ne m'intéressait pas, ce qui me tenait en émoi, ce qui m'attachait au personnage, c'était l'échec, la possibilité de l'échec, la rupture éventuelle, ce que j'attendais, c'est que superman craque, qu'il s'effondre, qu'il cède enfin, un genou en terre, la nuque rompue et la cape lourde sur ses épaules affaissées, que ses traits se brisent, qu'il renonce, qu'il admette enfin qu'il n'était pas taillé pour le rôle, qu'il prenne un petit appartement dans l'east side, qu'il achète des débardeurs, qu'il traîne un soir, solitaire, à la terrasse fraîche d'un bar de greenwich village et que son sourire ultrabrite s'épanouisse à nouveau quand nos verres se rencontreraient