8.7.06

la plongée



l'eau s'est refermée sur lui comme la caresse d'un drap que l'on rabat sur un corps endormi, la force de la nappe a pesé sur sa tête avec bienveillance, une main ferme qui l'empêchait de revenir à la surface, le gardait contre un sein liquide et généreux, une source qui ne tarirait jamais : ses poumons se sont gorgés d'eau, puis sa cage thoracique autour des poumons, les espaces libres de son anatomie ont connu tour à tour le remplissage lent et méthodique tandis que le corps s'enfonçait sans remous dans les profondeurs obscures, les cellules ont éclaté sans bruit, leur membrane perméable à l'eau salée, en équilibre parfait, osmotique, ses yeux sont restés ouverts, le blanc à jamais humide, plongé à la découverte des mondes inconnus
à la surface, des bulles irréelles ont quelques secondes éclos à l'air libre, puis l'onde a retrouvé son doux balancier, sous un ciel immense, illuminé d'un soleil aveugle, sans limite

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