30.7.06

la lucidité



je me demandais à quel moment l'artiste prenait conscience que c'était fini, je me demandais quand (à quel âge? à quel instant précis? après quel événement?) le musicien renonçait à chanter, le chanteur à jouer d'un instrument, à quel moment la lucidité se faisait-elle du talent dans telle discipline et non dans telle autre, ou de son absence : quand l'artiste acceptait-il qu'il ne serait jamais, et tout à la fois, auteur-compositeur-interprête, mais que son talent servirait le talent des autres dans l'établissement d'une œuvre à laquelle il n'aurait jamais pu prétendre seul?
je complétais la question en cherchant un rapprochement avec la littérature, je me demandais à quel moment l'auteur prenait conscience que sa voix était moindre, mineure, à quel instant précis acceptait-il enfin de jouer dans les coulisses des autres auteurs, quand l'écrivain renonçait-il à ses rêves de grandeur avec l'humilité nécessaire pour ne pas en vouloir aux autres, ni à lui-même, de ce que la vie avait fait de lui : quelqu'un comme tout le monde

4 Comments:

Anonymous a.k.a. hannah said...

Ouh la... je prie pour que ce texte soit d'inspiration vegaesque... D'un point de vue hannaesque, l'oeil de monsieur P. aurait plutot tendance à entretenir l'espoir ...

10:22  
Anonymous lo said...

en douterais-tu?
lh.

11:46  
Anonymous Kuta said...

Je pense que malheureusement, on ne le sait jamais vraiment.Alors, on peut le deviner, dans la caresse de l'autre qui ne sait quoi dire, dans le regard de l'ami qui cherche ses mots, de la bouche de l'inconnu qui se tait...Ces moment peuvent être douloureux, mais après, l'instinct de survie artistique prend le dessus, et on est à nouveau convaincu du caractère indispensable de notre oeuvre.

16:22  
Anonymous Claire said...

Cher Lo : tous les jours, et le lendemain recommencer. Continuer, à toute force, au cas où, pas pour laisser une trace mais pour donner un sens à la journée qui vient. Et à celle d'après, après, encore après. Bref, la lucidité a son heure, quotidienne, et surtout ne pas la laisser s'éterniser. Il faut imaginer Sisyphe heureux, qu'il disait. Il est beau ton texte. Je t'embrasse.

23:56  

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