l'alias

je disais que ce que tu proposais approchait l'art contemporain d'une manière subtile, je disais à jeanpierre que tu aurais pu juste annoncer une pause, prendre du recul, ce que n'importe qui d'autre aurait fait, mais basculer dans le film, laura, vertigo, blue velvet, il y avait là une totale implication cinématographique dans ta démarche -et soudain les mots champ / contrechamp prenaient une nouvelle signification
ma question visait évidemment à l'émotion que cela allait forcément provoquer chez toi et je t'invitais à ne pas la réprimer, à écrire (ailleurs, sur ton blog, sur d'autres blogs), à écrire la schizophrénie, à écrire la dépossession, à écrire qui tu étais et qui tu n'étais plus
je n'avais pas de conseil à te donner, tu avais la finesse nécessaire pour (sur)vivre (à) cette expérience -une condition quand même : il fallait renoncer aux amitiés, aux apostrophes, devenir (peut-être) la part sombre d'emmanuel, la barre était mise haut, il ne fallait pas lâcher, il y avait quelque chose à découvrir (de toi / de vous deux / de l'écriture même -du blog et au delà) à travers l'alias