6.3.06

claire

il faut parfois un temps marqué entre le contact avec l'auteur et le contact avec son livre
il faut marquer un temps, entre le livre et le visage, les mots dits et les mots écrits
particulièrement lorsque l'on est écrivain soi-même
à quoi s'ajoute sans hésiter la connaissance possible dudit auteur -la «romancière»
il faut laisser passer du temps, il faut faire la différence
à midi vingt-deux, le six mars deux mille six, j'entre dans le livre, profite d'une semaine de vacances pour y trouver mes repères en prenant mon temps
le temps que j'ai

2 Comments:

Anonymous Jonas de Dieppe said...

J'avais lu dans un article de presse qu'il était "très français" d'associer l'oeuvre à son auteur. De mon côté, aussi, j'avoue avoir du mal à les désolidariser. Souvent, même, je le regrette.

20:30  
Blogger jp/lh. said...

ce n'est pas tant de dissocier l'œuvre de son auteur qu'il est question ici : mais de séparer la rencontre de l'auteur de la lecture de son œuvre
savoir faire la différence entre les mots qu'il dit et les mots qu'il écrit, entre les opinions qu'il énonce et celles qu'il (son personnage) couche (propose) sur le papier
la «romancière» du dernier roman de claire legendre, la méthode stanislavski, éprouve elle-même cette dualité, à laquelle s'ajoute la dimension autobiographique : entre les vérités qu'elle livre et les émotions de son personnage, rendues au théâtre par une tierce personne, elle perd le contact avec sa propre littérature
l'œuvre ne lui appartient plus, comme il lui est interdit, de par sa double qualité d'auteur de roman et d'auteur de théâtre, de prendre de la distance avec ses mots
le lecteur, lui, pour peu qu'il connaisse l'auteur, ou qu'il vienne à le rencontrer, a encore ce choix du temps, précieux à mon sens pour pouvoir prendre la mesure de la chose écrite
lh.

21:18  

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