25.7.10

le cocktail



« on n’est jamais prêt à la publication d’un premier livre »
laurent herrou, cocktail

8.7.10

l'auto-flagellation



je connaissais trois auteurs nés le même jour que moi, j'avais été en contact avec deux d'entre eux dans des rapports qui avaient été immédiatement intimes, la double coïncidence impliquant que l'on s'apprécie spontanément et que l'on se confie aveuglément, ils avaient donné comme moi et avaient été déçus de la même façon que je l'avais été quand les mots n'avaient pas été suivis d'actes, sans plus de raison qu'une lâcheté fatiguée de part et d'autre face à la demande que je reconnaissais pour l'avoir appliquée à des situations que j'avais la flemme d'affronter et préférais fuir, me trouvant mille excuses et accablant l'autre de tous les maux avant de m'auto-flageller et de décider que je ne valais (presque) rien — la littérature n'étant, elle, jamais remise en cause

3.7.10

l'issue



« je ne comprends plus le monde. voilà deux êtres qui s'aiment, et ils n'ont aucune issue. »
r.w. fassbinder, liberté à brême

24.6.10

la saint-jean



j'atterrissais la veille de la saint-jean, après avoir traversé paris en taxi avec trois inconnus suite à des perturbations sur la ligne b du rer, je déjeunais sur une place aux couleurs italiennes et arpentais en crocs turquoises des rues que je connaissais par cœur mais dont l'agencement me surprenait brusquement, je découvrais une éclaboussure sur mon polo et, incapable d'en supporter la présence, me précipitais dans une boutique pour acheter un tee-shirt gris col en v profond dont le tissu, plus léger que le vêtement initial, convenait mieux à la température du sud, je m'acquittais de formalités administratives et de tâches domestiques comme je l'avais fait pendant quinze ans, comme je l'aurais fait la veille si j'avais été là, rien ne changeait et pourtant tout changeait

21.6.10

le dialogue muet



on avait commencé l'emploi du temps avec l'idée de ne pas comparer la photographie et le texte que l'on prévoyait de mettre en ligne, de suivre nos intuitions, respectives et vis-à-vis de l'autre, de se laisser porter par un désir, de mots ou d'image : on avait remarqué que cela fonctionnait, on parvenait à un dialogue muet qui pouvait se passer de la communication orale pour créer ensemble, on avait pourtant préféré au bout du compte s'aligner l'un sur l'autre de peur que le phénomène ne s'émousse, ou qu'on ne le perde au fil des jours — j'avais passé le week-end en normandie, je ne savais rien de ce que tu avais fait du tien mais j'avais confiance en nous, en mes mots et en tes images, pour nous rapprocher une fois de plus

14.6.10

la nouvelle donne



on avait passé une drôle de semaine, incapables l'un et l'autre d'alimenter le blog pour une raison mystérieuse qui nous éloignait chaque minute un peu plus, on avait noyé le poisson dans le sommeil, au restaurant, au travail — tu avais repris une activité, comme je l'avais fait quelques mois plus tôt, on changeait de rythme —, devant des expositions que tu ne fixais pas avec ton objectif et qui laissaient mon esprit vide de toute pensée littéraire, on avait compris ce qui était en train de se produire au bar de la fusée, devant un orchestre de jazz qui donnait à la scène un air de film de woody allen, il avait fallu ce temps-là pour se retrouver et tu quittais paris à ce moment précis : peut-être était-on simplement malheureux, chacun à sa façon, et qu'il fallait l'entendre, au moins une fois, pour s'adapter, bon gré mal gré, à force de coups de pied et de coups de tête, à la nouvelle donne

1.6.10

louise



l.b. (1911 - 2010)