14.5.10

le jeté à l'eau



j'étais armé face aux refus, du moins je le croyais : lorsque l'on me posait la question de l'envoi de manuscrits — mais cela s'appliquait à tout envoi relatif à la littérature, dossiers de résidence ou participation à des concours de nouvelles — j'expliquais qu'il fallait être en état d'en accepter le possible retour négatif, condition sans laquelle le geste s'apparentait à un jeté à l'eau sans bouée de sauvetage auquel on survivait en battant des bras contre la nature indifférente, en buvant tellement la tasse que l'on finissait par s'enfoncer, lesté par son propre trop-plein, on échouait sous la couette par une après-midi grise en se faisant violence pour ne pas s'abrutir de sommeil, on s'en voulait alors, d'être faible ou mauvais, de s'apitoyer sur son sort ou de s'en relever pour continuer à écrire, parce que, oui, contre vents et marées, on allait continuer

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

vous négligez l'emploi du temps!

23:01  

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