20.5.10

jérôme kerviel



je vivais à découvert, rééquilibrant en fin de mois lorsque la paye était versée à mon compte son solde débiteur pour quelques jours, je bénéficiais de conditions exceptionnelles — pas de loyer et un partenaire généreux —, travailler sur site permettait de ne pas dépenser un argent que je n'avais pas pendant presque dix heures d'affilée, mais je craquais parfois pendant ma pause-déjeuner, à la faveur d'un pull over marine que je me convainquais d'avoir besoin, et dont j'achetais l'exacte copie, en gris, le lendemain, de baskets à bandes jaunes fluo ou de places de spectacle que je réservais en ligne en fermant les yeux, en prenant soin d'oublier le geste immédiatement après l'avoir fait, un peu comme jérôme kerviel, interrogé à l'occasion de la parution de son livre, avec lequel je partageais finalement beaucoup

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