20.7.08

les disparus



on avait hérité d'une épaule charnue et juteuse qui surnageait au milieu de petites pommes de terre nouvelles et de gousses d'ail croustillantes, le four enveloppait le plat de sa chaleureuse étreinte pendant que sur l'écran de télévision, les disparus s'enferraient entre passé, présent et futur, la tête ailleurs, armé d'une cuillère en bois, j'avais modifié la position de la viande et une vague d'huile avait échappé, elle s'était nourrie de la flamme, avait enflé jusqu'à m'engloutir, jetant des reflets d'or dans la cuisine, tu avais quitté le salon, inquiet : face au four, des nuées noires tourbillonnaient encore et la cuillère en bois finissait de se consumer, l'épaule était à point, tu avais dîné seul, intrigué

2 Comments:

Anonymous Lidia said...

Epaule d'agneau ?
Hummm de l'ail...
Un vrai moment culinaire assaisonné de solitude...

14:44  
Anonymous Nicolas Bleusher said...

Un doute : ai-je déjà mangé de l'épaule d'agneau ?

23:51  

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