6.7.08

la bavette



la boucherie était fraîche, on était invité à s'asseoir, on appuyait le front ou l'épaule contre la céramique blanche en se plaignant le l'été, on taillait une bavette par-dessus les rumstecks, les faux-filets et les paupiettes du jour, les hommes entraient avec de l'argent et repartaient avec des morceaux de viande crue, rouge, saignante, on évoquait la plage et les corps au soleil, on disait qu'on n'y arrivait plus, on avait grillé dans le temps, des heures durant, une face après l'autre afin que la chair brunisse, on préférait aujourd'hui les frigidaires et la conservation, les esses en acier dessinaient des auréoles sur la tête des commerçants, on était en lieu sûr

3 Comments:

Anonymous Lidia said...

Les esses font des bouchers des anges sangunaires...
Tu sais, j'adore ce que tu écris, ton passé, ton imparfait, ces récits hors du présent qui racontent peut être un présent.
J'aime ta façon de diluer le temps.
En fait, je me sens bien ici.
Merci.

18:24  
Anonymous lo said...

en lieu sûr?
lo.

18:52  
Anonymous Lidia said...

Je vous souris lo...
Peu importe qu'il soit sûr ou pas, quand j'aime, je prends le risque...

19:40  

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