8.2.10

les silences légitimes



avait-on tellement peur de la distance que l'on ne se sentait pas capable de la surmonter : on avait pourtant insisté sur la nécessité que textes et photographies ne cherchent jamais à se paraphraser mais au contraire qu'ils se complètent, qu'ils s'enrichissent, et l'on avait jusque là gagné le pari, lorsque j'avais quitté nice seul pour montréal, tu avais suivi visuellement avec une telle osmose que certains lecteurs avaient cru que les images étaient véritablement québécoises et que la séparation n'était qu'un artifice littéraire, à l'orée d'une nouvelle étape on tremblait néanmoins, emmurés l'un et l'autre dans des silences légitimes, il fallait renouer le contact, il fallait se tendre la main et accepter, même si ce serait difficile, de n'en effleurer, pour un temps, que l'ombre

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