13.11.09

jacques brel



à l'extrême opposé de la chambre, le bureau faisait suite à la salle à manger par le biais d'un couloir à la forme arrondie qui épousait la cage d'escalier de l'immeuble bourgeois, et je m'étais surpris dans les premiers temps à mesurer le poids de mes pas sur le palier lorsque de la lumière s'insinuait sous la porte qui faisait face à la mienne, avant de comprendre qu'elle venait du même appartement et que j'occupais ainsi tout l'étage — je m'en étonnais encore, fredonnant du jacques brel au retour du pauvre musée qui lui était consacré et baissant spontanément la voix en m'imaginant avoir vu des ombres glisser dans la pièce, dont le silence et le vide me frappaient au visage une fois le seuil franchi

1 Comments:

Anonymous mohamed said...

"Un soir, je travaillais dans cet escalier - j'ai toujours vécu dans les escaliers - et je m'étais endormi. Il faisait nuit. Et j'ai eu un cauchemar. Je me suis réveillé. C'était la pleine lune, et il y avait une ombre portée de la fenêtre sur les marches de l'escalier. J'ai vu d'un seul coup. J'étais passé mille fois sans la voir, et subitement je l'ai vue. Alors j'ai décidé de la dessiner. Mais ça bougeait toutes les trois minutes... La Terre tourne... Il y avait la lumière, ici, découpée, et tout le reste était dans le noir. Je dessinais jusqu'à ce que tout tombe dans le noir, en m'aidant d'une lampe de poche. A un moment donné, tout ce qui était très sombre devenait très clair, et tout ce qui était très clair devenait très sombre. Alors, pour pouvoir faire l'ensemble, je me suis mis à bouger."

Entretien avec Sam Szafran, par Jean Clair

11:51  

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