18.10.09

la prévisibilité



je regrettais les répondeurs, le chiffre lumineux sur le cadran de l'appareil, la sonnerie du téléphone que l'on ignorait pour se délecter de la voix qui s'enquerrait d'une présence, le message que l'on interrompait pour surprendre ou que l'on écoutait jusqu'à son terme, laissant libre cours à ses émotions : la surprise de l'appel avait été gommée par la reconnaissance automatique des portables, la vibration des cellulaires, les mélodies préenregistrées, ce que l'on avait gagné en indépendance on l'avait perdu en spontanéité, on ne recevait rien d'autre que ce que l'on avait attendu, provoqué, voire réclamé, les newsletters s'ajoutaient aux commentaires des réseaux sociaux virtuels où l'on avait le loisir d'accepter ou de refuser les amis d'antan selon que leur visage ou leur état d'âme nous inspirât ou non, on était devenu prévisible

miquel barceló, flecha rota, pavillon espagnol, venise 2009

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

beau titre

22:08  

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