20.6.08

le combat capital



lorsque le téléphone fixe n'affichait pas le numéro de l'appelant, on devinait que c'était un organisme publicitaire qui démarchait, c'était facilement identifiable au décrochage dans la mesure où le correspondant massacrait ton nom ou demandait à parler à madame, on ne faisait preuve d'aucune patience à son endroit et on inventait des drames grandiloquents dans le but de désarçonner l'interlocuteur, on espérait ainsi qu'il rayerait ton nom de sa liste mais les appels se multipliaient au contraire, les voix changeaient, la présentation se faisait à la fois plus précise et plus méprisante, on raccrochait, amer, avec le sentiment d'avoir perdu un combat capital dont les enjeux, cependant, se dérobaient

2 Comments:

Anonymous Lidia said...

Je reçois ce genre d'appels plusieurs fois par jour...
Ton texte me fait sourire, il me rappelle une anedocte toute particulière, après des dizaines d'appels d'une certaine commerciale dont l'accent et l'éloignement de sa voix montraient qu'elle appelait de très loin, d'Afrique peut être, je disais donc, après d'inombrables appels vains, infertiles, restant moi même imperméable à ses injonctions, cette merveilleuse dame me dit, je cite : Salope, Putain, Connasse avant de me raccrocher au nez.
Je restai perplexe, limite agressée, et sans la moindre chance de pouvoir rétorquer puisqu'elle s'était déjà événouie... Puis je l'avoue, un fou rire me prit aussitôt, un moment de jouissance extrême car elle avait fait en trois mots de notre capitalisme puant un amas de pathétisme. Tout à cet instant prit de nouvelles dimensions pour moi, le monde riche, le monde pauvre, le sud - le nord, le tout-le rien...
Il me plait encore à l'imaginer dans une case africaine, sous une chaleur insupportable, travaillant je ne sais combien d'heures par jour, essayant de s'adapter au rendement qu'on lui demande et prenant dans un sublime orgueil le droit de m'envoyer chier, moi la blanche à la con dans le confort de ma clim...
J'ai adoré qu'elle m'insulte, j'ai adoré qu'avec ses propres moyens elle crache sur les inégalités.

12:48  
Blogger natouO said...

je me souviens d'une voix qui voulait me vendre du vin de bourgogne par caisse à très bon prix.. tout ça avant que je n'ai pu répondre à son bonjour... j'ai alors décidé de parler avec elle ce jourlà j'avais du temps.. je lui expliquais donc que je ne buvais pas d'alcool. Elle me répondit qu'il ne fallait pas être égoïste, que je devais penser à mes amis et qu'il fait toujours bon d'avoir une bonne bouteille dans ces moments là! Je lui expliquais alors que je n'avais pas d'amis et que je n'invitais jamais personne chez moi!!!
alors énnervée elle me dit en criant "MAIS C'EST QUOI CETTE RELIGION QUI INTERDIT LA BOISSON?" stupéfaite de ses hurlements mais surtout de son "inculture" très calmement je lui répondis l'islam... j'aurais pu dire chrétien du 7eme jour et aure chose elle n'en savait rien de toute façon... mais le hasard m'avait fait choisir le bon mot islam a eu pour réponse: beep beeep beep.... ;-)

très jolie l'expo à la librairie le petit homme a reconnu l'artiste chevelu et a demandé ou était jp... puisque maladroitement j'avais dit que nous allions voir jp à la fenek.... bravo en tout cas on reste sur sa fin on pourrait en voir encore et encore!!!
bises

12:06  

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