16.8.09

la sentinelle



on s'était réveillé dans les brumes du styx, un cocon ouaté et humide qui isolait la résidence du reste du paysage dont on ne devinait que des formes irréelles, fantomatiques, on avait contemplé un vol de cigognes quelques jours plus tôt, la migration faisait escale au diable, une sentinelle s'était posée sur le toit, une ombre immense, précise et immobile dans le soleil couchant que la nuit avait gommée — mais sa présence pesait sur notre sommeil —, au matin une jument gisait sur le flanc dans un pré voisin, sa tête agitée de contractions quand elle tentait de se relever et échouait sans cesse, je me demandais si l'on observerait sa dépouille avec la même neutralité les jours suivants, progressivement dévorée par la mort

2 Comments:

Anonymous aka hannah said...

Entre Jim Harrison et Deadwood (c'est un peu réducteur, je vous l'accorde), ce séjour en enfer vous inspire tout autant que la grosse pomme messieurs, merci.

10:12  
Anonymous lo said...

réducteur peut-être, mais venant de toi, on mesure la valeur du compliment
merci donc,
lo.

12:22  

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