21.6.06

les aigus

on roulait vers avignon, c'était une mauvaise période pour nous deux, il y avait quelqu'un d'autre dans ma tête, donc dans ta tête aussi, avec cette incroyable distorsion des choses qu'est l'infidélité, qui donne presque plus d'importance à l'amant pour le trompé que pour le trompeur, tu avais mis la radio, une chanson que j'aimais, trop aiguë pour moi, enfant ma mère me priait d'arrêter de chanter du kate bush quand nous partions en voyage, elle répétait que j'allais abîmer ma voix, à cette époque j'y arrivais, les harmoniques de la chanteuse s'accordaient à mon timbre, la chanson, je m'en souviens, “without you” reprise par mariah carey, montait dans les aigus, et moi, à la traîne, je peinais, visage congestionné, je tentais par tous les moyens de faire sortir le chant, le cri d'amour, mais enfoncé dans ma gorge, avalé de travers, bloqué, il refusait de jaillir et je restais sans toi sur le siège avant droit, et tu posais doucement la main sur mon épaule pour savoir pourquoi je pleurais

1 Comments:

Anonymous Jonas de Dieppe said...

Ado je montais dans les aigus, je croyais que c'était bien, que c'était une qualité vachement personnelle. le Cold song par Nomi, la populaire reine de la nuit. La reine des connes. Aujourd'hui je monte des mailles le long des aiguilles avec de gros doigts, la voix bâtarde, le plus souvent grave, tombale.
Parfois sous la douche je fredonne un blues de travelot et subitement je me souviens que ma vie a pris ce mauvais virage le jour où mon homme a commis l'adultère pour de vrai.

12:25  

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