13.6.06

futur

tu auras vingt-sept ans, une queue de cheval blonde et une fâcheuse tendance à dévaler l'escalier plutôt qu'à le descendre en silence, tu m'auras salué à plusieurs reprises, en connaissance de cause, en te demandant une fois ou deux si j'écrivais encore, tu habiteras l'appartement en face, sur le même palier, une nuit en rentrant d'une soirée tu me trouveras devant la porte, vieillard hébété, tu prendras les clés dans ma main, tu tourneras le verrou à ma place, tu m'aideras à entrer dans l'appartement, tu me laisseras dans le fauteuil bleu en me faisant promettre de ne pas hésiter à t'appeler si j'avais besoin de quoi que ce soit, tu te seras dit alors que tu passerais voir le lendemain si tout allait bien mais tu auras oublié de le faire, ou bien tu auras eu la flemme, le jour où, quelques mois plus tard, les brancardiers descendront mon corps recouvert d'un drap, tu secoueras la tête en te disant que la vie est moche -mais il t'attendra en bas, ton casque à son coude, et la pensée s'envolera à deux cent dix kilomètres à l'heure sur une autoroute brûlante

1 Comments:

Anonymous Coumarine said...

J'entre toujours ici comme en intruse...à pas feutrés
Si différente de toi, et pourtant...
Les fils qui relient les gens sont étranges, invisibles, quand ils ne sont tissées que par des mots et des paroles...inutiles

10:17  

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