6.1.07

le bluff



on parlait des sans-abris, tu disais qu'on ne faisait rien, les tentes fleurissaient dans les villes, une vague de soutien populaire se levait, qui faisait sortir les gens de chez eux pour vivre une nuit unique dans les conditions quotidiennes des sdf -quand l'inverse aurait été bienvenu, d'offrir le confort de son appartement pour une nuit au lieu de diviser les mètres carrés déjà réduits des gars de la rue- obligeant toutefois les pouvoirs publics à prendre le phénomène en considération, je n'étais pas d'accord avec toi, je disais que l'on travaillait, chaque jour, que l'on payait des impôts et que l'on cotisait, on œuvrait pour la société, si la société ne jouait pas son rôle, ce n'était pas à nous de nous sentir responsables du malheur des autres, on pouvait déplorer l'état de fait et donner quand on en ressentait personnellement le besoin (et non quand les médias tentaient avec succès de culpabiliser les foules), tu n'étais pas convaincu, on aurait pu se soulever, disais-tu, descendre dans la rue, faire la révolution, je te trouvais beau et triste dans ton utopie, le soir-même le journal télévisé montrait une salle où l'on jouait des milliers d'euros au poker, le jeu de cartes était très à la mode, apprenait-on, la fille d'un réalisateur de cinéma se réjouissait de maîtriser les bons coups, autour de la table les figures de la télévision, du sport et du show-bizz échangeaient œillades et sourires complices en brassant des fortunes, c'était vrai que l'on ne faisait rien pour les sans-abris, en fin de mois, avec mon salaire de mille euros et ta future retraite, d'autres distribuaient leur gain au jeu avec plus de générosité que la nôtre, on ne pouvait pas en douter

1 Comments:

Anonymous Azure-Te said...

et il y avait toujours pour renchérir des blogueurs avec leur bonneconscience et leur mauvaiseconscience et leur candireconscience tout court, et tu n'y croyais pas, tu disais pas ici, la paix ici, pas cette infection ici, tu n'y croyais pas, mais si, même ici ils n'étaient tous que les fils et les filles de clairechazal, et c'était triste et moche

02:48  

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