25.11.06

la cécité



tu avais un souci d'éclairage, un problème de lumière, tu trouvais l'appartement trop sombre, tu ne parvenais pas à l'expliquer, mais toutes les lampes conjuguées -et tu avais fouillé les placards à la recherche des anciens modèles, même ceux qui ne te plaisaient plus, tu les en avais ressortis, les avais alignés comme une armée de bons petits soldats- ne venaient pas à bout de l'obscurité, de cette impression qui demeurait que l'appartement pesait sur ton front, ta tête, qu'il t'étouffait peu à peu dans une passivité triste, une activité rendue impossible par l'absence de clarté, et tu plissais les yeux pour discerner les choses, il t'était soudain venu à l'esprit que le problème n'était peut-être pas à l'extérieur de toi, mais à l'intérieur, et que la nuit qui obscurcissait la pièce était peut-être pathologique, une cécité progressive, sélective et sournoise qui viendrait un jour à bout de ta vision jusque là sans défaut, ainsi je deviens aveugle, soupirais-tu soudain, excité par la nouveauté, il n'y avait pas d'antécédents dans ta famille, cela n'appartiendrait qu'à toi

1 Comments:

Anonymous Marc-Antoine said...

"voir deux cyprès de si loin, c'est si beau"
-cécité.

09:18  

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