8.2.06

vers

écrire sur un ordinateur, écrire son journal, écrire un blog, se poser la question des différences, se poser la question de ce que je suis en train de faire à l'instant : un blog ou la question du blog, la remise en question du blog lui-même?
écrire sur cet ordinateur dans le but d'envoyer les mots vers le blog, écrire non pas quelque chose mais vers quelque chose, ce n'est pas comme : écrire pour soi
écrire de toute façon, justifier la chose par : l'écriture, de toutes les façons, ici ou là-bas
sentir que ça se relâche, ça, dedans, à cause du blog, qui s'est verrouillé, qui a empêché, la veille, l'écriture de la page traditionnelle du journal, la page dite traditionnelle, bien que : virtuelle, computerisable, inexistante en substance, la page qui n'existe pas du journal qui n'existe pas en tant que journal, puisque : pas de papier, mais des mots sur les pages blanches, accumulées d'un logiciel
s'être dit que j'allais réussir, dépasser l'obstacle, m'être dit que j'allais bien entendu triompher sur le blog, l'écriture ici et là, les deux, et pourquoi pas encore ailleurs, sur d'autres sites, comme j'interviens déjà ici ou là (hyperliens?) -vous savez
écrire, soirée, être capable de boucler la note, être capable d'arrêter l'écriture ici pour la reprendre là-bas, dans le journal qui n'existe pas, quitter l'un pour l'autre, (s')abandonner

2 Comments:

Anonymous .Moland.Fengkov. said...

Le blog est un tamagotchi. Il se nourrit des commentaires qui viennent rebondir sur les billets postés. Anorexique ou boulimique, il en réclame toujours plus. Un blog laissé à l’abandon se dessèche et menace de finir comme tous ces sites mal référencés : sans visiteur, sans page lue, sans clics autres que ceux de son administrateur. Sans intérêt. Le Tamagotchi meurt alors.
Mais pourquoi créer un blog ? Il semble essentiel de se poser un certain nombre de questions avant de lancer dans l’arène, aux quatre vents, cette vitrine de soi. Car plus qu’un forum, ou plus qu’un site perso, le blog donne à voir à quiconque vient à passer par là ce que l’on est, la manière dont on pense, dont on s’exprime, les sujets qui nous touchent. Montre-moi ton blog, je te dirai qui tu es. Il faut assumer : sans aller jusqu’à se mettre à nu (quoique certains doivent certainement atteindre ces limites, en admettant qu’il en existe), on s’expose. On ouvre la porte, même si on en garde la clé malgré tout.
Créer un blog, c’est comme lancer sur le marché un nouveau magazine. Quelle périodicité lui donner ? Mensuel ? Hebdo ? Quotidien ? Combien de posts par jours ? Définir la charte rédactionnelle et éditoriale : quel ton adopter ? Ampoulé, emphatique, poétique, satirique ? De quoi parlera ce blog ? Abordera-t-il tous les sujets possibles et imaginables, de la mort de Lady Di aux recettes de grand-mère, en passant par la guerre en Irak et la nouvelle Opel Corsa ? Ou se cantonnera-t-il à un genre, un sujet, un secteur en particulier, comme la politique, la philosophie, la poésie, le cinéma, la télévision, ou encore la photographie ? Certains blogs permettent de créer des «catégories», autre terme pour parler plus précisément de rubriques. Porter sa réflexion sur le découpage du blog, le classement des posts, l’intitulé des thématiques, aide encore plus à forger l’identité de l’ensemble. Enfin, le blog ne représentera-t-il pas, simplement, le digne et moderne remplaçant du cahier dans lequel on couche ses turpitudes, ses joies, sa vie, qu’on appelait autrefois journal intime ? Vie intime et privée rendue publique ? Il convient enfin de se trouver un style, une charte graphique, esthétique, bref, une marque de fabrique. Un travail empirique pour certains, accompli dès le départ pour d’autres. Autant de questions, autant de possibilités et d’options, autant de réponses et de choix qui participent assurément de la richesse de la blogosphère.
Une fois le bébé créé, on lance la campagne d’information, d’abord auprès de ses proches, toujours enclin à vous encourager. Puis, au fil des billets, de nouveaux visiteurs pointent le bout de leur souris, réagissent (ou non), commentent, approuvent, objectent : un public se définit alors. On découvre soi-même d’autres blogs dont on se sent relativement proche, et de clic en clic, de post en post, de commentaire en commentaire, une communauté se forme, imperceptiblement. A partir de ce moment-là, on peut observer de curieux phénomènes, inhérents à toute communauté. Un ou deux leaders charismatiques orientent les débats, on s’influence mutuellement, sur le choix des sujets, notamment. L’un lance une rubrique quizz, les autres estiment l’idée séduisante et ludique, et imitent : saine émulation, tant que tout le monde s’y retrouve. L’un publie les photos de ses amis, les autres celles de leurs amants/maîtresses ou de leur famille. L’un parle d’une émission télé, l’autre y va de son billet sur la question. Ces trafics d’influence affinent alors l’identité non plus d’un blog, mais de l’ensemble des blogs qui constituent cette communauté.

11:05  
Blogger jp/lh. said...

manifestement, mo
lh.

09:59  

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